dimanche 8 janvier 2017

"L’attention purifie la perception" par Bhante Henopola Gunaratana



   
Quand on pense à utiliser l’attention pour purifier la perception, on peut commencer par se demander comment la perception en arrive à être déformée ou polluée. Dans certains sutta, le Bouddha a déclaré que l’avidité et l’aversion qui obscurcissent l’esprit lumineux viennent de l’extérieur. Cet enseignement implique qu’à la naissance, les pollutions ne sont pas dans l’esprit. Pourtant, selon d’autres enseignements du Bouddha, les impuretés extérieures ne pourraient pas envahir l’esprit si celui-ci ne portait pas déjà en lui des « traces de souillures ». Ce qui se passe, c’est que l’esprit qui contient des impuretés recherche des impuretés semblables à l’extérieur et obtient ce qu’il désire.

On peut se demander alors d’où viennent ces traces de souillures. Le Bouddha a expliqué que notre vie présente est le résultat direct du kamma, d’un enchaînement de causes à effets. Les actes négatifs que nous avons commis intentionnellement dans des vies passées sont la cause, et cette vie d’impermanence et de souffrance est l’effet. Si l’esprit de notre vie antérieure avait été libre de toutes souillures et de « traces de souillures », nous n’aurions pas repris naissance du tout. Nous bénéficierions, au contraire, de l’état de pureté et de paix qui est au-delà du cycle des renaissances de souffrance et que l’on appelle libération ou nibbāna.

Le nibbāna n’est pas un lieu ou une situation particulière extérieure à nous ; au contraire, il est en nous. Le nibbāna, c’est la désintégration totale de toutes les pollutions mentales. À l’instant même où notre avidité, notre aversion et notre ignorance de la réalité sont détruites, le nibbāna apparaît. La clé qui permet de venir à bout des impuretés et d’atteindre le nibbāna, c’est entraîner son esprit. Comme l’a dit le Bouddha : « De même que la pluie ne peut s’infiltrer dans un toit de chaume bien attaché, les passions ne peuvent s’infiltrer dans un esprit bien entraîné. »

Alors, comment devons-nous procéder ? Avant tout, nous devons comprendre ce que nous essayons d’accomplir et développer des capacités d’attention, tant pendant la méditation que dans la vie. Nous utilisons cette attention pour empêcher les impuretés extérieures de pénétrer dans l’esprit en surveillant soigneusement les sens. Nous l’utilisons aussi pour éviter que n’apparaissent des tendances latentes qui existent sous forme de traces dans l’esprit (comme l’avidité, l’aversion, la convoitise, la jalousie ou l’orgueil). Et si elles apparaissent, malgré ces efforts, ou qu’elles atteignent le stade où elles se manifestent par des paroles ou par des actes, nous faisons un effort d’attention supplémentaire pour les vaincre.

Ensuite, au lieu de nous inquiéter des pensées négatives que nous avons pu avoir dans le passé, nous éveillons des pensées saines comme la générosité, la patience et la bienveillance, puis nous faisons un effort délibéré pour renforcer ce type de pensées. De plus, nous utilisons l’attention pour protéger les sens contre des expériences sensorielles extérieures qui risqueraient de stimuler des tendances néfastes. Comme nous l’avons dit, l’attention est l’essence même de vipassanā, ou méditation de la vision pénétrante. Seule cette méditation peut entraîner l’esprit à observer et à se discipliner, et peut réussir à le purifier en mettant fin à toutes les pollutions mentales, y compris à leurs tendances latentes.

Prenons un exemple concret de ce processus...


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Extrait du livre "Méditation sur la perception" de Bhante Henopola Gunaratana. Traduction de Jeanne Schut 

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