lundi 5 décembre 2016

L'idéal de l'éveil humain (3/4) par Urgyen Sangharakshita

Comment savons-nous que cet état d'éveil est l'idéal pour l'être humain ?


Avant d'essayer de répondre à cette question nous devons distinguer deux types d'idéaux. Il n'y a pas de termes spécifiques qui les décrivent mais nous pouvons les appeler « idéaux naturels » et « idéaux artificiels ». Nous pourrions dire qu'un idéal naturel est un idéal qui prend en considération la nature de la chose ou de la personne pour laquelle il est idéal. En revanche, cela n'est pas le cas pour l'idéal artificiel qui s'impose de l'extérieur et de manière artificielle. Retournons par exemple à notre maison idéale : quelle que soit sa beauté, quel que soit son luxe, et quelles que soient les commodités qu'elle puisse présenter, ce ne serait pas une maison idéale pour une personne handicapée si l'on y trouvait plusieurs escaliers raides. De même la vie de quelqu'un comme Henry Ford ne serait pas idéale pour quelqu'un de tempérament artistique.

Cette distinction nous permet de dire que l'éveil n'est pas un idéal artificiel. Ce n'est pas quelque chose qui est imposé de l'extérieur à l'être humain, quelque chose qui ne lui appartient pas, qui n'est pas en accord avec sa nature. L'éveil est un idéal naturel pour l'homme, nous pourrions même dire que c'est l'idéal naturel par excellence. Il n'a rien d'artificiel, rien d'arbitraire. C'est un idéal qui correspond à la nature de l'homme et à ses besoins. Nous savons cela de deux manières. J'ai parlé de la nature de l'éveil et, bien qu'intelligible, cela nous a évidemment semblé quelque chose de très, très raffiné, quelque chose de très éloigné, même de notre expérience. Mais les qualités qui constituent l'éveil sont, en fait, déjà présentes dans l'être humain sous forme embryonnaire. Elles ne lui sont pas complètement étrangères. Elles sont, en un sens, naturelles à l'être humain. Dans tout homme, dans toute femme et même dans tout enfant il y a quelque connaissance - quelque expérience de la réalité, aussi éloignée et difficilement accessible soit-elle ; il y a quelque sentiment d'amour et de compassion, aussi limité et exclusif soit-il ; et quelque énergie, aussi grossière et peu raffinée - conditionnée et non spontanée soit-elle. Dans une certaine mesure toutes ces qualités sont déjà présentes. Ce sont en fait ces qualités qui distinguent l'homme de l'animal. Mais dans l'état d'éveil, ces qualités sont développées pleinement et parfaitement à un degré que nous pouvons difficilement imaginer. C'est pour cette raison - parce que les qualités de connaissance, d'amour et d'énergie sont déjà présentes en lui, tout embryonnaires qu'elles soient - que l'homme a, en quelque sorte, une affinité naturelle avec l'éveil, et qu'il peut répondre à l'idéal de l'éveil lorsqu'il le rencontre. Donc, même lorsque quelqu'un parle en terme de connaissance absolue, de vision de la réalité, ou en termes d'amour et de compassion illimités envers tous les êtres vivants, ce n'est pas quelque chose qui nous est complètement étranger, ce ne sont pas que des mots. Nous pouvons sentir quelque chose. Et c'est parce que le germe, la graine, est déjà là, dans notre propre expérience, nous permettant de répondre à l'idéal de l'éveil quel que soit le moment ou la manière dont nous le rencontrons - même quand nous le rencontrons sous formes comparativement faibles, limitées ou déformées.



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