lundi 20 juin 2016

"L'Homme et la Nature" de P.A. PAYUTTO

Toute vie se compose des cinq khandha (groupes, agrégats) : rūpa, la forme physique matérielle (le corps physique) ; vedanā, les sensations ; saññā, les perceptions sensorielles ; sankhāra, les formations mentales ; et viññāna, la conscience sensorielle. Il n’y a personne qui possède ou dirige les cinq khandha, ni de l’intérieur ni de l’extérieur. Dans toute étude des manifestations de la vie, les cinq khandha constituent une base de travail tout à fait complète. Ils fonctionnent conformément au principe de l’origine conditionnée des phénomènes puisqu’ils se manifestent à l’intérieur du continuum des facteurs déterminants liés entre eux et interdépendants.

Dans ce contexte, les cinq khandha — la vie — sont sujets aux Trois Caractéristiques, c’est-à-dire qu’ils sont aniccatā, impermanents et instables ; anattatā, sans aucune existence propre ; et dukkhatā, constamment soumis à l’apparition et à la cessation des phénomènes, et cause de souffrance à chaque fois qu’ils sont associés à l’ignorance. Les cinq khandha, évoluant ainsi, dans un perpétuel changement et dépourvus de toute existence propre, ne sont sujets qu’au continuum naturel des causes et des conditions interdépendantes. Cependant la plupart des êtres résistent à ce cours naturel des choses car ils s’identifient à l’un ou l’autre des maillons de la chaîne, et essaient ensuite d’imposer une certaine direction à ce « moi ». Quand les événements ne sont pas conformes à leurs désirs, ils se crispent ; cette tension est cause de frustration et entraîne un attachement encore plus fort. Si la personne a une vague prescience que le changement affecte inévitablement son précieux « moi » ou l’intuition que ce « moi » n’existe peut-être pas du tout, l’attachement et le désir deviennent encore plus désespérés, tandis que la peur et l’angoisse s’enfoncent profondément dans son esprit.

Ces états mentaux sont avijjā, ignorance de la vérité des choses telles qu’elles sont et identification à un « moi » ; tanhā, puissant désir que ce « moi » imaginaire obtienne certaines choses ou atteigne certains états ; et upādāna, saisie de ces idées fausses et attachement à elles et à tout ce qu’elles impliquent. Cette vision « polluée » ou obscurcie des choses est gravée dans le mental ; de là elle dirige notre conduite, construit une personnalité et influence les circonstances de notre vie plus ou moins ouvertement. De manière générale, elle est cause de souffrance pour tous les êtres non éveillés.

Fondamentalement, nous avons ici affaire à une opposition entre deux processus :

1. Le processus naturel de vie qui évolue selon la loi naturelle et immuable des Trois Caractéristiques. Celles-ci s’expriment au travers de la naissance (jāti), du vieillissement (jarā) et de la mort (marana), au sens premier comme au sens profond de ces termes.

2. Le processus « fabriqué » de saisie et d’attachement basé sur l’ignorance de la véritable nature de la vie. Cette ignorance est cause de la perception erronée d’un « moi » et de l’attachement à ce « moi » —on crée un « moi » qui va obstruer le cours naturel des choses. Une telle vie est prisonnière de l’ignorance ; elle est vécue dans l’attachement et l’esclavage ; elle est en contradiction avec les lois de la nature et régie par la peur et la souffrance.

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