lundi 27 juin 2016

"La posture en méditation : une question d’équilibre" par Guy Mercier

La réalité morphologique de la posture de zazen est parfois mal perçue par un certain nombre de pratiquants, nouveaux et même anciens. Lorsqu’elle n’est pas comprise, enseignée et pratiquée correctement, des difficultés peuvent apparaître qui rendent difficile, voire même impossible la pratique elle-même.

 

Corriger l‘essentiel

La réalité morphologique de la posture de zazen est parfois mal perçue par un certain nombre de pratiquants, nouveaux et même anciens. Lorsqu’elle n’est pas comprise, enseignée et pratiquée correctement, des difficultés peuvent apparaître qui rendent difficile, voire même impossible la pratique elle-même.

Les conseils que donnent ceux qui sont responsables de l’enseignement, pendant les initiations ou pendant zazen, doivent être précis, clairs et justes, car ils sont interprétés en fonction de l’idée que chacun a de son propre corps ou faussés par l’image de ce que l’on croit être la bonne posture. Mais, de même que l’œil ne peut se voir lui-même, il n‘est pas possible de voir sa propre posture de l’extérieur. On ne peut pas non plus la corriger soi-même à partir d’un concept ou d’un schéma imaginaire. Le rôle des enseignants est donc d’autant plus important.

La simplicité et la vérité de la posture résident dans une perception claire de la verticalité et des mécanismes corporels qui sont mis en jeu.

Le désir d’obtenir ou de parvenir à un résultat, de mauvaises habitudes comportementales s’opposent à la compréhension intuitive de cette vérité.

La posture de zazen est une posture sans tension où tout est un jeu d‘équilibres. L‘équilibre, par nature, est instable. C‘est mujo, l’impermanence, la capacité de se remettre en question à tout moment en s’ajustant à l’instant présent. La perte de cette recherche d’équilibre fixe la posture dans une rigidité corporelle qui, à la fois, reflète et crée la rigidité de l’esprit.

Malgré l’apparente contradiction, aucun effort n‘est nécessaire pour rester assis (ou se tenir debout) car cela correspond à un état d‘équilibre stable. Rester immobile dans cet état signifie maintenir l‘attention toujours éveillée pour garder le corps en équilibre, « dans les dix directions », sans demeurer dans aucune d’elles. « Dans un engagement total », dit Maître Dogen.

Shikantaza, simplement s’asseoir, ne nécessite pas de nombreuses connaissances anatomiques, mais doit respecter la mécanique corporelle telle qu’elle a été façonnée par la nature elle-même. Dans simplement s’asseoir, il n’y a rien d’autre à faire que demeurer dans la condition normale du corps, dans un équilibre juste des tensions et de la détente. Entre faire et non-faire.

Une meilleure connaissance interne du corps facilitera pour beaucoup la pratique de zazen. Il est impossible de décrire tous les mécanismes que la simple posture assise implique, mais chacun pourra selon son besoin élargir les quelques principes qui sont exposés ici concernant le bassin et la colonne vertébrale.


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