lundi 2 mai 2016

"La nature de Bouddha" par Maître Dogen


Dõgen en zazen
Dõgen

Définition de la nature de Bouddha

La nature de Bouddha : tathàgata-garbha en Sanskrit signifie la nature de l'illumination spontanée, la nature de la sagesse de Bouddha ou la nature de première importance. Dans le Bouddhisme Mahâyàna, la nature de Bouddha est définie comme : vacuité absolue. Les Mahayanistes décrivent aussi la nature de Bouddha comme : pur esprit ou ce qui est essentiel, transcendantal et indestructible. Pour cette raison, on dit la nature de Bouddha de la vérité ou de la Loi. Puisque cela existe de tous temps et en tous lieux, le Mahaparinirvana sutra dit : Tous les êtres sensibles ont la nature de Bouddha. Le Tathàgata est éternellement présent et permanent. Il prévient cependant de ne pas croire pour autant qu'aucune pratique n'est donc nécessaire. ¨Bien que nous ayons tous la nature de Bouddha, elle ne peut être réalisée sans une pratique sincère¨. La vrai nature de Bouddha vivante ne peut se manifester aussi longtemps que nous restons attachés aux concepts que nous avons d'elle, aussi excellentes que ces conceptions puissent paraître.

Enseignement de DÕGEN sur la nature de Bouddha

Dans le Zen de Dogen, la nature de Bouddha est finalement l'englobement complet sans différenciation entre les expressions du petit et du grand véhicule. Pour cette raison, Dogen dit dans Bukkyò du Shòbò-genzò : ¨Les quatre nobles Vérités sont la nature de Bouddha. De même, la nature de Bouddha est au-delà des concepts discriminatifs, tels que : "dedans et dehors, ancien et moderne".
Il y a ceux qui affirment que la nature de Bouddha est comme une semence qui va grâce à l'arrosage de la pluie de la Loi , donner des pousses, des troncs, des branches et des feuilles puis des fleurs et des fruits contenant d'autres semences. Ceci est la pensée des gens ordinaires. Car en fait chaque morceau même caché de semence, de pousse, de tronc de branche de feuille, de fleur et de fruit est la nature de Bouddha. Ce n'est pas une question de ¨dedans¨ ou de ¨dehors¨ou bien de ¨avant ¨et ¨après¨. Tous les êtres sensibles ont la nature de Bouddha. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de dualité : Bouddha et toutes les existences sont unité.

Texte de 
DÕGEN sur la nature de Bouddha

Le Bouddha Sakyamuni dit : « Tous les êtres sensibles ont la nature de Bouddha. Le Tathàgata est éternellement présent et immuable ». C'est à la fois un enseignement avec la force du rugissement d'un lion de notre grand maître Sâkyamuni et l'essence de tous les Bouddhas et patriarches. Cet enseignement a été étudié durant 2 190 années. Durant cette période, 50 patriarches successifs - vingt-huit générations successives en Inde et vingt-trois en Chine - ont correctement transmis et préservé cet enseignement. Les divers Bouddhas et patriarches dans les dix directions ont aussi fait de même.


Qu'est-ce que le Bhâgavat voulait dire par : Tous les êtres sensibles ont la nature de Bouddha ? Il signifiait que quelque chose d'ineffable est clairement présent. Le terme « tous les êtres sensibles » (en Bouddhisme) est aussi exprimé par « êtres ayant sensibilité » « êtres animés » et « êtres vivants ». Tous ces termes disent la même chose, de toute façon, c'est-à-dire la totalité des existences. En d'autres mots, la totalité des existences est la nature de Bouddha. Un aspect de cette totalité est « temporairement » désigné comme êtres sensibles. Dans cet exemple, à la fois tous les êtres sensibles et toutes les autres choses sont la totalité des existences, c'est-à-dire la nature-de-Bouddha. Ceci est possible parce que non seulement la nature de Bouddha est transmise de maître à disciple, mais est au même moment transmise à la totalité des existences. Nous devrions réaliser que la totalité des existences identifiée avec la nature de Bouddha est au-delà de toute dualité entre existence et non-existence. La totalité des existences est la parole et la langue de Bouddha, le Bouddha, les globes oculaires de tous les Bouddhas et patriarches, les narines des moines mendiants.

L'existence de la «totalité des existences » ne possède ni un commencement ni une nature originelle ou absolue. Comment, alors, pourrait-il être le résultat de relations causales ou d'illusions ? De plus, il n'y a rien à faire avec le mental et ses objets ou l'essence et ses manifestations. Donc, quand tous les êtres sont la totalité des existences, ni eux ni le monde ne sont produits comme le résultat du Karma passé ou de l'illusion, laissés seuls spontanément ; ou comme le résultat de l'illumination achevée à travers des forces miraculeuses. S'il n'en était pas ainsi, alors l'illumination des divers excellents maîtres, la sagesse des Bouddhas, et les prunelles des Bouddhas et patriarches deviendraient synonymes de toutes ces choses. En fait, de toute façon, le contraire est vrai. Il n'y a pas d'illusions dans le monde entier ; car il n'y a rien qui ne soit immédiatement le Bouddha (juste tel quel). Nous sommes inconscients de cela, toutefois, à cause de notre incapacité à couper l'illusion à sa racine, nous nous trouvons dans son aveuglante et continuelle emprise.

Le monde entier n'est pas produit comme le résultat de l'illusion, car le monde entier est clairement la manifestation de la Vérité. Cependant, ceci ne devrait pas être interprété comme une simple affirmation du monde (tel qu'il est). C'est une vue fausse et non-Bouddhiste de regarder le monde comme basé sur soi. (Le monde entier) n'a pas de nature originelle, car il est seulement « éternel maintenant ». Puisque, de plus, le monde entier est complètement libre de l'illusion, ce n'est pas un cas comme une apparition soudaine à l'existence. De manière similaire, puisque il est le contenant de tout, il n'est pas fragmenté non plus. Ce n'est pas pour dire, cependant, que (le monde entier) n'a pas de commencement, car un inexprimable quelque chose est présent. Il n'est pas question de dire non plus que le monde est quelque chose qui est seulement apparu dans l'existence, car notre esprit ordinaire est la Voie. Nous devrions clairement comprendre qu'il est impossible de rencontrer tous les êtres vivants dans la totalité de l'existence. Quand nous réalisons la (vraie) signification de cette totalité, notre compréhension conceptuelle de celle-ci disparaît.

Beaucoup de Bouddhistes pratiquants pensent de façon erronée que la nature-de- Bouddha est la même que l'enseignement non-bouddhiste de Srenika : « un soi éternel ». C'est parce qu'ils n'ont jamais rencontré ni de personnes « éveillées » ou de vrais professeurs, ni réalisé leur vrai Soi. Ils imaginent sans sens commun, que leur conscience (illusoire) qui est produite par les quatre éléments est la même que la conscience éclairée de la nature-de Bouddha. Qui a jamais dit qu'il y avait une conscience éclairée dans la nature-de-Bouddha ? Bien que des Bouddhas variés possèdent une conscience illuminée, celle-ci n'est pas la même que la nature-de-Bouddha. La conscience éclairée des divers Bouddhas ne devrait pas, par conséquent, être mal comprise et identifiée comme celle de la conscience illusoire produite par les quatre éléments, car (en réalité) la conscience illuminée des divers Bouddhas n'est autre que le fonctionnement de chacun et de tous les Bouddhas et patriarches.


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