lundi 14 mars 2016

"Soutra de la Transformation de la Violence et de l’Angoisse" - Bouddha Shakyamouni

(…)

4. Les perceptions fausses ne font que créer pour les êtres encore plus de confusion et de souffrance. J’ai regardé profondément l’esprit des gens qui souffrent et j’ai trouvé un couteau pointu caché sous leurs peines. Parce qu’eux-mêmes, ils n’ont pas vu ce couteau dans leur esprit, il leur est difficile de supporter la douleur. (Sn. 938)

5. La douleur causée par ce couteau pointu perdure et ne change pas. Comme ils continuent leur chemin tout en tenant ferme ce couteau pointu, ils inondent le monde de leur souffrance. Ce n’est que lorsqu’ils sauront reconnaître la souffrance et l’extraire de leur cœur, que celle-ci cessera et qu’ils pourront enfin s’arrêter. (Sn. 939)

6. Parmi toutes les épreuves de la vie, ne vous attardez sur aucune d’elles. Il est préférable de savoir trancher net toutes les racines des erreurs et des confusions, il nous faut les laisser aller ; arrêtez de vous appuyer sur elles. Si vous parvenez à abandonner les désirs qui conduisent à l’égarement, vous pourrez surmonter toutes les afflictions. Les pratiquants se doivent de transcender le cycle des souffrances afin de réaliser leur carrière de libération. (Sn. 940)

7. Un pratiquant authentique est un pratiquant au cœur sincère. Il n’agit pas en se fiant à ses perceptions fausses ; il se contente de suivre le chemin qui est droit. De même, il ne parle pas avec une langue fourchue. Il lui faut savoir comment éteindre le feu de la colère et briser le bloc épais de son obstination. S’il sait se détacher des lianes des afflictions, il pourra commencer à apercevoir la rive de la libération. (Sn. 941)

8. Il vous faut abandonner la fierté. Ne dormez pas trop ; ne vous laissez pas tomber dans la somnolence. Vivez et travaillez dans la modération. Ne vous perdez pas dans la foule. Ne vous attachez pas à la belle apparence trompeuse ; sachez lui tourner le dos. C’est en contemplant régulièrement la nature vide de toutes choses que l’on parvient au Nirvana. (Sn. 942)

9. N’insultez personne. Ne vous laissez pas séduire ni enchaîner par l’attrait des apparences trompeuses. Ne vous engagez pas dans des divertissements qui vous font oublier ensuite le but de votre pratique qui est d’aider les autres à sortir de la souffrance. (Sn. 943)

10. Arrêtez de songer au passé et de vous projeter dans le futur. Il importe de reconnaître ce qui se passe dans le moment présent sans pour autant s’y attacher. Ainsi, vous pourrez marcher seul en toute liberté, ce partout sur les cinq continents, sans que personne ne soit plus jaloux de vous. (Sn. 944)

11. J’ai proclamé que l’avidité est la force qui cause le plus de destruction. C’est là l’inondation qui submerge le monde entier. C’est seulement en voyant cela que nous pourrons vaincre tous nos doutes. Il faut savoir contempler attentivement la co-production interdépendante et voir que, à moins de nous libérer de la pollution causée par l’avidité, il nous sera difficile d’arrêter la souffrance. (Sn. 945)

12. De toutes époques, parmi un grand nombre de personnes, très peu ont la capacité de lâcher prise des désirs sexuels. Pourtant, une fois que le pratiquant parvient à les abandonner, il ne ressent plus aucun manque. Il n’éprouve pas non plus le besoin de s’en aller ailleurs : rien ne peut plus l’attraper ni le maintenir captif, car cette inondation se retire d’elle-même. (Sn. 946)

13. En s’appuyant sur la force de compréhension qui lui sert de véhicule, le ‘muni’ traverse jusqu’à l’autre rive. Grâce à cette compréhension, il est libre de toute inquiétude et se voit protégé. La naissance, la mort, le malheur et la jalousie ne peuvent plus l’atteindre. Grâce à l’énergie de son assiduité et de sa persévérance, il réalise la paix véritable. (Sn. 947)

14. Ayant laissé derrière lui tout désir sensuel, la souffrance cesse. Le pratiquant regarde alors profondément la nature vide de toutes choses, et rien ne peut plus le préoccuper. Lui-même a vu la grande voie menant à la paix, il ne s’attache plus ainsi à aucune vue du monde. (Sn. 948)

15. Lorsque le pratiquant ne s’attache plus à l’idée « ce corps est moi », et comprend que, par nature, le moi est insaisissable et non-existant, alors il n’a plus aucun souci. (Sn. 949)

16. Lorsque les racines de l’ignorance sont complètement arrachées, et qu’apparaissent aussitôt les germes de celle-ci, ils sont à leur tour déracinés et n’ont pas la chance de pousser. Le pratiquant ne saisit plus rien à présent car il n’éprouve plus le besoin de distinguer ses alliés de ses ennemis. (Sn. 950)

17. Libre de tous concepts, y compris des concepts sur l’esprit et la matière (comme deux réalités indépendantes l’une de l’autre) ; ayant compris que l’espace et la matière sont tous deux vides, le pratiquant voit que rien n’est saisissable. Rien du passé, du présent ou du futur ne peut donc l’attrister, le mettre en colère ou le faire se lamenter. (Sn. 951)

18. Ayant transcendé le concept du « tout », y compris le concept de la matière, il n’y a pas une seule pratique parmi toutes les pratiques qu’il ne réalise pas. Ayant étudié, mis en pratique et enseigné avec éloquence l’enseignement sur le non-désir et la non-dualité, s’il en venait à être interrogé, il répondrait sans aucune timidité ni hésitation. (Sn. 952)

19. Ayant atteint une vision profonde, il ne dépend plus de personne. Comme il ne poursuit plus rien et ne rejette rien non plus, son cœur est en paix, et il réalise le Nirvana. (Sn. 953)

20. Le ‘muni’ n’éprouve pas de condescendance lorsqu’il porte son regard vers le bas, ni n’est-il angoissé en se tournant vers le haut. Il s’établit parfaitement dans la non-discrimination, et ne s’attache à aucune vue. Tout conflit cesse à ce moment-là ; toute haine et jalousie disparaissent. Même lorsqu’il se tient au sommet de la compréhension parfaite, il n’en retire aucune fierté. (Sn.954)

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