lundi 14 décembre 2015

"L ’écrit sur le moi" par Maître Sosan (VII°)

Cheminer dans la Voie véritable, n’est ni facile, ni difficile. Mais ceux qui ont un esprit bien arrêté sont contaminés par la crainte et le doute. Croyant être en mesure de brûler les étapes, finalement ils finissent par se traîner. L’attachement ne connaît aucune mesure. S’attacher à l’illumination, c’est aussi s’égarer. Laissons les choses advenir et les agitations cesseront d’elles-mêmes.

La Voie n’est pas difficile pour ceux qui sont sans attente. Quand les sentiments d’amour et de haine sont absents, tout devient clair et limpide. Dès qu’il se crée dans l’esprit, ne serait-ce qu’un semblant de jugement, une distance infinie sépare le ciel de la terre. Si nous souhaitons voir la vérité, n’entretenons pas le jugement. S’établir dans un combat du vrai contre le faux aboutit inévitablement à l’affection de l’esprit. Aussi longtemps que le sens profond des choses n’est pas compris, vouloir pacifier son esprit est chose vaine.

La Voie est aussi parfaite que le cosmos, sans superflu ni carence. C’est notre volonté intransigeante de suivre nos propres penchants qui nous empêche de voir la vraie nature des choses. En mourant à soi-même, par l’oubli de soi-même, nous trouverons la sérénité et la paix de l’unité . Si nous voulons arrêter toutes activités pour réaliser la tranquillité, tous nos efforts produiront de l’agitation. Tant que nous sommes tiraillés dans les extrêmes, nous ne connaîtrons jamais la tranquillité.

Hors de la Voie, les mérites contenus dans l’activité, la passivité, l’approbation et le déni sont perdus. Nier la réalité, c’est s’y embourber, courir après la vacuité c’est s’en éloigner. Plus nous l’analysons et plus nous discourons à son sujet, plus nous nous éloignons de la vérité Tout est simple si nous arrêtons de discourir sur tout et d’analyser tout. Retourner à la racine, c’est s’accorder avec le sens, courir après les civilités, c’est perdre l’Origine. Si nous parvenons à l’illumination, même un instant alors civilité et vacuité sont transcendées. Par notre ignorance, les phénomènes qui nous semblent provenir du monde de la vacuité nous paraissent réels. Il est inutile de rechercher le vrai, contentons-nous seulement de ne pas avoir de préjugés.

N’entretenons pas la dualité en cultivant nos préjugés. Si en nous demeure, ne serait-ce qu’une infime notion de juste et de faux, de bien et de mal, alors notre esprit s’enlise dans la confusion. A l’origine de la dualité il y a l’UN et pourtant il faudra ne pas nous y attacher. Dans la Voie, quand l’esprit demeure dans la tranquillité, les dix milles dharmas inoffensifs ne nous touchent plus et alors le changement se produit.

Quand vient le temps de la pensée NON_DISCRIMINANTE, le vieil esprit meurt. L’objet et le sujet disparaissent conjointement. Lorsque l’esprit s’efface, les objets s’effacent aussi. Il y a objet parce qu’il y a sujet ou esprit. L’esprit devient sujet parce qu’il y a l’objet . Si nous voulons comprendre la relativité du sujet et de l’objet, nous devons convenir que les deux sont vacuité. Dans la vacuité les deux sont sans caractéristique propre et contiennent chacun le monde dans sa totalité. En ne faisant pas de différence entre le grossier et le subtil, nous évitons l’aveuglement et le sectarisme.

Pour lire la suite, cliquez ici.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire