mardi 29 septembre 2015

Nirvana par Ajahn Thanissaro


Cet article a été publié dans le journal de la communauté vipassana de Barre, Massachussets "Insight Journal" au Printemps 2005. Traduction par Christian Ousset.

Il y a longtemps, à l’époque du Bouddha, Nirvana (Nibbana en Pali) avait un verbe qui lui était propre : "nibbuti". Il signifiait "éteindre", comme une flamme. Comme on pensait que le feu était prisonnier lorsqu’il était en train de brûler, à la fois s’attachant au combustible dont il se nourrissait et prisonnier de lui, son extinction était vue comme une libération. S’éteindre c’était être sans entraves. Parfois un autre verbe était utilisé : "parinibbuti". Avec le préfixe "pari", qui signifie total, ou tout autour, pour montrer qu’une personne sans entraves, comme le feu, ne serait plus jamais prisonnière.

Maintenant que Nirvana est devenu un mot anglais, il devrait avoir son propre verbe pour traduire également le sens d’ "être sans entraves". Actuellement, nous disons qu’une personne "atteint" le nirvana, ou "entre" dans le nirvana, comme s’il s’agissait d’un lieu où l’on peut aller. Mais le nirvana n’est absolument pas un endroit. Il n’est réalisé que quand l’esprit cesse de se définir lui-même en termes d’endroit : d’ici, de là, ou d’entre les deux.

On croirait que l’on est en train de couper les cheveux en quatre - qu’est ce qu’un mot ou deux peuvent faire pour notre pratique ? - mais l’idée du Nirvana comme un endroit a créé de graves malentendus dans le passé, et pourrait facilement en créer de nouveaux. Il y eut un temps où certains philosophes, en Inde, pensaient que si le Nirvana est un endroit et le Samsara un autre endroit, alors quand vous entrez dans le Nirvana, vous êtes coincé ; vous avez limité votre possibilité de mouvement parce que vous ne pouvez pas revenir dans le Samsara. Pour résoudre le problème ils ont inventé ce qu’ils pensaient être un nouveau type de Nirvana : un Nirvana non établi, dans lequel on pouvait être à deux endroits - Nirvana et Samsara - en même temps.


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