lundi 7 avril 2014

Les 5 préceptes selon Thich Nhat Hanh et témoignages de pratiquants / N°4 : Parole aimante et écoute profonde


Quatrième entraînement : Parole aimante et écoute profonde

Conscient(e) de la souffrance provoquée par des paroles irréfléchies et par l’incapacité à écouter autrui, je suis déterminé(e) à apprendre à parler à tous avec amour et à développer une écoute profonde afin de soulager la souffrance et d’apporter réconciliation et paix entre moi-même et autrui, entre les groupes ethniques et religieux, et entre les nations. Sachant que la parole peut être source de bonheur comme de souffrance, je m’engage à apprendre à parler avec sincérité, en employant des mots qui inspirent à chacun la confiance en soi, qui nourrissent la joie et l’espoir, et qui oeuvrent à l’harmonie et à la compréhension mutuelle. Je suis déterminé(e) à ne rien dire lorsque je suis en colère. Je m’entraînerai à respirer et à marcher alors en pleine conscience, afin de reconnaître cette colère et de regarder profondément ses racines, tout particulièrement dans mes perceptions erronées et dans le manque de compréhension de ma propre souffrance et de celle de la personne contre laquelle je suis en colère. Je m’entraînerai à dire la vérité et à écouter profondément, de manière à réduire la souffrance, chez les autres et en moi-même, et à trouver des solutions aux situations difficiles. Je suis déterminé(e) à ne répandre aucune information dont je ne suis pas certain(e) et à ne rien dire qui puisse entraîner division, discorde, ou rupture au sein d’une famille ou d’une communauté. Je m’engage à pratiquer la diligence juste afin de cultiver ma compréhension, mon amour, mon bonheur et ma tolérance, et de transformer jour après jour les semences de violence, de haine et de peur qui demeurent en moi.

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Voici deux autres textes qui illustre cette pratique


Discours de Berkeley donné par Thich Nhat Hanh le 13/09/2001

L’écoute n’a qu’un seul but : permettre à l’autre de vider son cœur. Si vous pratiquez ainsi, la compassion sera toujours là. Si la conscience est là, je suis sûr que vous savez tous ici que la haine, la violence et la colère ne peuvent être neutralisés et guéris que par une seule substance : la compassion.

Au Village des Pruniers où je vis et où je pratique, environ mille huit cents personnes sont venues cette année. Il y avait parmi eux des Israéliens et des Palestiniens. Nous avons parrainé ces gens adorables, espérant leur donner ainsi l’occasion de se rencontrer, de pratiquer ensemble la marche méditative, de manger ensemble en pleine conscience, de partager le Dharma et de s’écouter les uns les autres. Ils étaient jeunes, entre vingt-cinq et quarante ans. Leur séjour a été un succès total. Ils ont participé à toutes les activités. A la fin de leur séjour, ils ont fait un rapport à la communauté. Notre pratique les a transformés en profondeur.


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Témoignage d'une pratiquante
"Cet entraînement est une merveilleuse façon d'exprimer son amour véritable. Ce fut et reste pour moi un ouvrage que je dois constamment remettre sur le métier.

J'ai été élevée dans cet environnement où la critique est la première réaction, critique face au livret scolaire, à la nouvelle robe de la voisine ou à un nouveau fait de société. Il ne fallait pas être satisfait; cela aurait pu nous rendre paresseux! Et, je suis devenue experte en bons mots, humour et ironie, sachant bien lancer les flèches là où ça faisait mal. Aussi avant de pouvoir parler de parole aimante, j'ai du m'entraîner à la parole aimable.

Je me suis rapidement rendu compte que ce mode de fonctionnement ressemblait à une addiction; j'avais beau faire quelques efforts, la flèche était partie malgré moi. J'étais un peu comme une alcoolique pour laquelle la seule solution était « zéro verre d'alcool »; pour moi cela a été « zéro critique ». bien sûr, au fond de moi, il y avait une voix qui faisait cette critique, mais je ne la disais plus. Cette voix s'est faite de plus en plus douce jusqu'à devenir un murmure que je sais reconnaître et à qui je peux sourire.

Sur ce chemin vers la parole aimante, j'ai été aidé par une autre pratique du Village; le « renouveau ». j'ai eu la chance de pouvoir vivre quelques mois comme long terme au Village et tous les quinze jours nous avions cette pratique de « renouveau ». Exprimer les regrets passe encore, l'autre facette de mon éducation et que je mettais (facilement?) le doigt sur mes manquements, mais arroser les fleurs me semblait quasiment impossible à faire. Je suis allée à reculons à ces séances de « renouveau », cherchant un mauvais prétexte pour ne pas y être, mais je fus toujours présente et je devais réfléchir plusieurs jours à l'avance pour savoir que dire dans cet arrosage de fleurs où j'étais si mal à l'aise.

Doucement, presque malgré moi, le changement à opérer. Ce fut plus facile de commencer à voir ce qu'il y avait de beau dans l'autre et de le lui dire et lui dire sans tarder, sans avoir besoin d'une séance de « renouveau ».

Doucement l'arrosage de fleurs prenait la forme de « pratique de la non pratique ». La petite voix se manifeste toujours, mais j'ai appris à l'écouter; elle a quelque chose à me dire sur une façon plus juste de voir les choses et sur une forme de lucidité, mais c'est une voix qui a besoin de silence et de maturation avant de s'exprimer.

Pour moi la parole aimante a commencé par le silence. Un silence parfois douloureux face à mes grands enfants et à mes petits enfants que je voyais sur un chemin qui risquait fort de leur apporter de la souffrance. Le profond silence du respect inconditionnel de l'autre, de son droit à ce que je pensais être une erreur, apprendre à ne donner que le conseil qui est attendu, c'est tout un apprentissage avec ses réussites et ses écueils. Quand je leur rendais visite, c'était parfois dans leur tourmente, je me disais alors « être là, simplement là et respirer », il m'est arrivé de sentir que je me laissais happer par la tourmente, mon cœur (et mes yeux) de mère et de grand-mère pleuraient et c'est la Sangha qui m'a aidée (souvent sans le savoir) à ne pas abandonner, à rester la mamie qui lit des histoires, fait des massages et met du baume au cœur. Il y eu une période où je sentais que les mots n'auraient aucun sens, alors chaque fois que je méditais, je commençais par les y inclure; « qu'ils soient heureux et en paix ».

Comment « apprendre à parler avec sincérité en employant des mots qui inspirent confiance en soi »? Pour moi ce n'est pas une démarche spontanée, il me faut, non pas le temps de la réflexion, mais le temps de laisser les premières perceptions et les émotions se déposer, le temps de trouver les mots qui rassurent, le temps du silence guérissant.

Profonde gratitude envers Thây, et tous celles et ceux qui suivent sa voie et m'aident sur ce chemin."



1 commentaire:

  1. Bonsoir Voie éveillée du Cœur, très heureux d'avoir pu faire ta connaissance au Village pendant la retraite francophone
    voici ma pratique du 5eme entraînement (1) et les limites actuelles (2), telles que je l' avais partagée , lors de la présentation des 5 entraînements
    http://michel1955.blogspot.fr/2012/03/ma-pratique-personnelle-du-5eme.html

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