lundi 3 mars 2014

Les 5 préceptes selon Thich Nhat Hanh et témoignages de pratiquants / N° 3 : Amour véritable

Troisième entraînement : Amour véritable

Conscient(e) de la souffrance provoquée par une conduite sexuelle irresponsable, je suis déterminé(e) à développer mon sens de la responsabilité et à apprendre à protéger l’intégrité et la sécurité de chaque individu, des couples, des familles et de la société. Je sais que le désir sexuel et l’amour sont deux choses distinctes, et que des relations sexuelles irresponsables, motivées par l’avidité, génèrent toujours de la souffrance de part et d’autre. Je m’engage à ne pas avoir de relation sexuelle sans amour véritable ni engagement profond, à long terme et connu par mes proches. Je ferai tout mon possible pour protéger les enfants des abus sexuels et pour empêcher les couples et les familles de se désunir par suite de comportements sexuels irresponsables. Sachant que le corps et l’esprit ne font qu’un, je m’engage à apprendre les moyens appropriés de gérer mon énergie sexuelle. Je m’engage à développer la bonté aimante, la compassion, la joie et la non-discrimination en moi, pour mon propre bonheur et le bonheur d’autrui. Je sais que la pratique de ces quatre fondements de l’amour véritable me garantira une continuation heureuse dans l’avenir.


Pour lire les 5 Entraînements à la Pleine Conscience, cliquez ici.


Voici deux témoignages qui pourront vous aider à pratiquer avec cet entraînement :
Premier témoignage

Pas facile de témoigner sur le 3ème entraînement. Aborder son intimité. Etre dans un sujet bien souvent tabou ou dévié de son sens originel. .
Mon premier abord face à cet entraînement a été de me dire "facile ! Je suis en couple, dans une relation engagée" et de ne pas trop m'y attarder. .
Puis, la lecture régulière a fait émerger un point de vue différent. J'ai approfondi la notion de relation à long terme, d'engagement profond. .
Quand je me situe dans l'instant, d'une certaine manière la relation est nouvelle à chaque instant.
De même que nous sommes invités dans la pratique à avoir un regard de débutant, j'ai découvert que l'engagement était de chaque instant. Que j'avais à prendre soin de la relation dans le couple, apprendre à regarder avec un regard nouveau, sans s'attacher aux idées établies. Que d'une certaine manière, il n'y avait pas d'engagement à long terme mais plutôt un CDD (contrat à durée déterminée) renouvelé chaque jour.
La phrase "empêcher les couples et les familles de se désunir..." me titillait régulièrement. Je ne souhaitais nullement empêcher la séparation dans le couple d'une collègue qui vivait des violences conjugales. J'avais aussi tendance à penser au sujet des couples qui vivaient des difficultés "c'est leur problème. S'ils ne s'entendent pas, ils n'ont qu'à se séparer". .
Peu à peu, le sens de cette phrase a évolué pour moi. A la fois, dans mon attitude face à des couples en crise, en ayant une écoute empathique, sans jugement, sans "verdict" surtout, et en n'encourageant pas les conduites sexuelles non respectueuses des personnes. A présent, j'accompagne des couples et des familles en tant que thérapeute, en essayant d'avoir cette posture d'empathie et de les soutenir dans le prendre soin de leurs relations, sans s'attacher au passé et à l'avenir de ces relations. .
Amour, Compassion, Empathie, quelque soit la forme, quelque soit la personne, pour que l'amour existe, j'expérimente qu'il me faut être vraiment là. .
Si je suis présente physiquement mais que mon esprit est ailleurs, l'amour est pauvre, voire n'existe pas.
Si je suis présente, l'amour peut être, et alors ... le bonheur n'est pas loin !


Deuxième témoignage



Voici mon témoignage concernant l'invitation à se poser et à réfléchir à 3 expériences les plus douloureuses dans notre vie. Curieusement, il rejoint le 3ème entrainement à la pleine conscience : Celui de l'amour véritable.

Quelles sont les 3 expériences les plus douloureuses que j'ai vécues dans ma vie ?

A première vue, en réfléchissant très rapidement, rien ne me saute aux yeux, je n'ai pas manqué ni d'amour, ni de choses matérielles quand j'étais plus jeune, et je n'ai rien vécu de traumatisant comme la perte d'un parent par exemple. Mais en me posant pour y réfléchir plus profondément, j'ai vu que mon enfant intérieur m'attendait avec ses propres blessures bien plus profondes que ce que je n'ose me l'avouer....
J'ai vécu dans une famille chrétienne très pratiquante. Je n'ai pas manqué d'amour mais paradoxalement, j'ai beaucoup souffert d'un réel dialogue concernant le domaine de l'affectif et de la sexualité, celle ci étant ressentie comme quelque chose de tabou depuis ma plus tendre enfance. A l'âge de la maternelle, où l'on entend ces amies parler d'amoureux, je ne m'autorisais par le droit d'en avoir puisque selon mes parents :
« C'est ridicule de parler d'amour et d'amoureux quand on est âgé de 4-5 ans seulement ». A les entendre, on pouvait déduire qu'il n'y avait que les grandes personnes qui puissent aimer.
Cela m'a beaucoup handicapé par la suite. J'ai grandi avec ce sentiment de culpabilité et tournant autour d'une notion de mal, quand à l'adolescence j'ai pu avoir le béguin pour des garçons de mon âge au lycée.

A l'âge adulte, je n'ai pas attendu d'avoir l'autorisation de mes parents pour avoir des relations sexuelles. Pour eux, cela été comme une évidence pas de relations sexuelles avant le mariage. J'ai vécue plusieurs années avec la peur qu'ils puissent découvrir que je prenais la pilule et que j'avais une activité sexuelle active avec mon copain de l'époque.
Puis j'ai enchainé sans le vouloir les petits copains en pensant à chaque fois que celui ci sera enfin le bon et que je pourrais fonder une famille. Chaque séparation et chaque désillusion ont été une grande souffrance pour moi. Je ne comprenais pas pourquoi, je tombais sur des personnes qui finalement ne me correspondaient pas et qui avaient des soucis psychologiques qui ne se voyaient pas au premier abord....
Épuisée par la vie de couple (qui n'en était plus une) avec la personne avec qui je me trouvais, à bord de la dépression, j'ai décidé d'aller voir une psychologue pour y voir plus claire et faire un travail sur moi.

J'ai très vite compris plusieurs choses:
- que le mieux pour moi était de me séparer de mon compagnon.
- que si j'attirais les gens à problèmes c'était à cause de mon coté maternant qui ressortait bien d'avantage que mon coté féminin.
- qu’inconsciemment, je cherchais à me caser au plus vite pour rentrer dans le moule familial souhaité par mes parents...
- que je savais intellectuellement que l'amour était quelque chose de très beau mais que je ne m’y sentais pas à l'aise à cause de l'éducation que j'ai reçue.

Cela a fait remonter beaucoup de souffrances et blessures.... Car même si j'essaye de mettre par écrit tout ce que cela a fait comme ravage sur moi, on ne trouve pas toujours les mots pour exprimer. La souffrance que cela a provoquée en moi et en mon enfant intérieur.

Quand je me retourne et regarde tout cela, je vois tout le chemin parcouru: finalement toutes ces blessures dues à mon manque de dialogue sur l'affectivité et la sexualité avec mes parents, m'ont permis :
- de grandir,
- de faire un immense travail sur moi,
- de lire des livres de Thây,
- de découvrir une très belle Sangha qui est chère à mes yeux et où je vais dés que possible,
- d'aller à la retraite francophone de 2012 qui aura été d'une grande aide et très libérateur par les touchers de la Terre
- de rencontrer peu après un homme qui soit à la hauteur de ce que je souhaite, avec qui je me sens moi même, à l'aise. Avec qui la petite fille n'a pas peur d'apparaitre, avec qui je peux parler de TOUT sans tabou et avec qui je pratique très régulièrement l'arrosage sélectif aussi indispensable à la vie d'un couple que le dialogue et l'écoute profonde.
- d'essayer ne pas en vouloir à mes parents, ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient, pensant bien faire et ont leur propres blessures d'enfance qui n'ont pas du les aider sur ce beau mais délicat sujet de la sexualité expliqué aux enfants. Quand toutes ces souffrances refont surface, j'invite mon enfant intérieur à me tenir la main et à 2 nous faisons le toucher de la Terre des ancêtres génétiques. Je sais qu'à force de pratique, les blessures de mon enfant intérieur guériront.

Source des deux témoignages : La pluie du Dharma

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