lundi 30 décembre 2013

Les 5 préceptes selon Thich Nhat Hanh et témoignages de pratiquants / N° 2 : Bonheur véritable

Second entraînement : Bonheur véritable

Conscient(e) de la souffrance provoquée par le vol, l’oppression, l’exploitation et l’injustice sociale, je suis déterminé(e) à pratiquer la générosité dans mes pensées, dans mes paroles et dans mes actions de la vie quotidienne. Je partagerai mon temps, mon énergie et mes ressources matérielles avec ceux qui en ont besoin. Je m’engage à ne rien m’approprier qui ne m’appartienne. Je m’entraînerai à regarder profondément afin de voir que le bonheur et la souffrance d’autrui sont étroitement liés à mon propre bonheur et à ma propre souffrance. Je comprends que le bonheur véritable est impossible sans compréhension et amour, et que la recherche du bonheur dans l’argent, la renommée, le pouvoir ou le plaisir sensuel génère beaucoup de souffrance et de désespoir. J’approfondirai ma compréhension du bonheur véritable qui dépend plus de ma façon de penser que de conditions extérieures. Je peux vivre heureux(se) ici et maintenant lorsque je suis capable de m’établir dans le moment présent, en me contentant de peu, et en reconnaissant les nombreuses conditions de bonheur déjà disponibles en moi et autour de moi. Conscient de cela, je suis déterminé(e) à choisir des moyens d’existence justes afin de réduire la souffrance et de contribuer au bien-être de toutes les espèces sur Terre, notamment en agissant pour inverser le processus du réchauffement planétaire.

Pour lire les 5 Entrainements à la Pleine Conscience, cliquez ici.
La photo vient d'un site qui témoigne sur l'exploitation des enfants, cliquez ici.

Commentaire de Thich Nhat Hanh 

Second entraînement : Bonheur véritable

" L’exploitation, l’injustice sociale, le vol prennent de nombreuses formes. L’oppression est une forme de vol qui cause beaucoup de souffrance, aussi bien en Occident que dans le Tiers-Monde. Au moment où nous faisons le vœu de cultiver l’amour, l’amour est né en nous et nous faisons tout pour mettre fin à l’exploitation, à l’injustice sociale, au vol et à l’oppression. "

" Il faut du temps pour pratiquer la générosité. Nous voudrions aider ceux qui ont faim mais nous sommes pris dans les problèmes de la vie quotidienne. Parfois un médicament ou un bol de riz pourrait sauver la vie d’un enfant, mais nous ne prenons pas le temps d’aider, parce que nous ne pensons pas pouvoir y parvenir. "


Un exemple de pratique de la générosité : "Le temps, c'est fait pour être vivant et partager la joie et le bonheur avec les autres".

Extraits de "Changez l’avenir : pour une vie harmonieuse", paru chez Albin Michel, Collection " Spiritualité "


La paramita de la générosité
Dana (don) est une des 6 Paramitas* et renvoie à la pratique du deuxième Entraînement à la Pleine Conscience (Bonheur véritable). Les Paramitas sont des perfections de la pratique Bouddhiste. Elles aident à se libérer progressivement de l’attachement aux «je», «moi», «mien». Elles s’avèrent nécessaires pour parvenir à se détacher peu à peu, puis à dissoudre et enfin abandonner l’illusion d’une individualité séparée.

Comprenons la Paramita du Dana : bonne pour soi, bonne pour les autres.

- Un laïc a la responsabilité de gagner de l’argent par un mode de vie juste pour subvenir à ses besoins et aux besoins de ceux dont il a la charge. La réussite matérielle comporte le risque de développer l’illusion d’un «moi-séparé» fort. En effet, lorsque les gains visent essentiellement la satisfaction d’un besoin d’acquisition, lorsqu’il y a un attachement à l’argent gagné, la personne cultive et renforce son individualisme et son attachement à la réussite personnelle.

Une façon d'utiliser ses gains de manière juste peut consister à donner une partie de ces gains pour le bien des autres. Cela permet d'oeuvrer à la dissolution progressive de la croyance illusoire en une individualité séparée.

- Dana Paramita illustre aussi l’interdépendance :

L’enseignant a accompli son service sans rien attendre en retour, sans aucune rémunération pour son déplacement, son temps, son enseignement, de façon tout à fait désintéressée.

J’ai conscience que c’est grâce aux dons d’autres personnes, à leur générosité, que je peux aujourd’hui bénéficier de sa présence et de son précieux enseignement. La gratitude se développe en moi, je souhaite donner pour tout ce que j’ai reçu : mon Dana est le signe de cette gratitude.

Il est également le signe du partage : je souhaite à mon tour qu’il contribue à permettre à d’autres personnes de bénéficier aussi des mêmes bienfaits, et j’aide ainsi à la diffusion de cet enseignement. Une personne inconnue a fait un Dana dont je profite aujourd’hui, mon Dana d’aujourd’hui profitera à un autre, qui m’est également inconnu : de la sorte il n’y a aucune reconnaissance personnalisée, pas de louanges à attendre, de renommée ou de confort. L’anonymat du Dana est une des garanties de la pureté de la volition (intention).

Ainsi j’observe mes habitudes et je me sens peu à peu concerné(e) par les autres, conscient(e) qu’il est bon de leur fournir l’opportunité de recevoir ces enseignements, de rencontrer et suivre le Dharma.

Quelque soit le Dana, petit ou grand, ce n'est pas tant le montant du don qui est important que la pureté de la volition (intention profonde) qui guide l'acte, avec gratitude, amour, compassion.

En aidant les autres, je peux ressentir paix et bonheur. Ce faisant, je contribue modestement à garder la roue du Dharma en mouvement.

*six paramitas : Selon Thich Nhat Hanh, six perfections de la pratique Bouddhiste, comprenant la perfection de la Générosité (ou don), la perfection des préceptes (ou conduite appropriée), la perfection de la patience (ou tolérance), la perfection de la diligence (ou effort), la perfection de la concentration (ou contemplation), et la perfection de la sagesse (ou vision profonde).


Source : maison de l'inspir
Témoignages de pratiquants

« La générosité est possible sur trois niveaux : corps, parole et esprit. Au niveau du corps, c’est simple : je ne peux pas donner ce qui ne m’appartient pas. Mais au niveau de la parole et de l’esprit, ça m’a beaucoup interpellé car, là, il ne s’agit plus de limitations matérielles. Où allais-je trouver l’espace pour cultiver cette générosité ? » Nick (Magazine Regard Bouddhiste - reportage)



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