jeudi 5 septembre 2013

Qu'est-ce que la Sangha selon le vénérable Thich Nhat Hanh ?

Le vénérable Thich Nhat Hanh nous exhorte à pratiquer au sein d’une communauté de pratiquants, une sangha. Sans la sangha nos efforts ne porterons pas de fruits et nous finirons par abandonner la pratique :

Nous avons tous besoin d’amour. Sans amour nous ne survivrons pas. Et la planète non plus. Il est dit que le prochain bouddha sera Maitreya, le Bouddha de l’Amour. D’après moi, Maitreya pourrait se manifester sous la forme d’une communauté qui montrera le chemin de l’amour et de la compassion.

A la base de l’amour il y a la pleine conscience. Impossible d’aimer sans « être présent ». Apprendre à être présent peut sembler facile, mais à moins de s’y être entraîné, c’est difficile. Nous vivons dans l’oubli depuis des milliers d’années et on ne change pas d’habitude du jour au lendemain ; notre rencontre profonde avec la vie n’est possible que dans l’instant présent. Pour y parvenir, il nous faut un soutien, et ce soutien c’est la Sangha.

Dans les milieux bouddhistes on parle du Buddhakaya (le corps du Bouddha), du Dharmakaya (le corps du Dharma), mais on parle rarement duSanghakaya (le corps de la Sangha). En tant que pratiquants nous portons en nous le corps du Bouddha. Le corps du Bouddha est la pleine conscience et la pleine conscience conduit toujours à la concentration, à la vision profonde (vipassana) et à l’amour. Une fois que nous possédons ces qualités nous savons que le corps du Bouddha nous habite. La pleine conscience est quelque chose que nous pouvons toucher du doigt en nous-mêmes.


Le dharma est la voie de la paix, de la guérison, de la transformation, et du regard profond. Quand nous sommes capables de marcher en pleine conscience, le Corps du Dharma nous habite. A chaque pas tranquille, conscient, à chaque inspiration consciente, le corps du Bouddha et celui du Dharma grandissent en nous.

La Sangha est un joyau tout aussi important que le Bouddha et le Dharma. Faites de la construction de la Sangha votre pratique. N’abandonnez pas votre Sangha. Sans un corps de Sangha, tôt ou tard vous renoncerez à la pratique. Prenez refuge dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha. La Sangha porte en elle le Bouddha et le Dharma. La Sangha est un corps « saint ». Ne cherchez pas la sainteté ailleurs. Ne pensez pas que la sainteté soit l’apanage du Dalaï Lama. La sainteté vous appartient et elle réside au sein même de votre Sangha. Quand une communauté de gens s’assied, respire, marche et mange ensemble en pleine conscience, la sainteté est là et elle est reconnaissable immédiatement.


Il nous faut apprendre à soigner notre corps de Sangha. Nous nourrissons notre corps de Sangha en pratiquant profondément avec des amis. Nous savons que telle nourriture est nocive pour nous, pourtant nous continuons à l’absorber. Seuls, nous sommes tentés. Mais entourés de notre Sangha il est facile de changer nos habitudes.


On peut décrire la Sangha comme un courant de vie s’acheminant vers l’émancipation, la joie et la paix. La seule condition nécessaire à votre entrée dans le courant de la Sangha est votre pratique. Vous obtiendrez ainsi l’état de « celui qui est entré dans la courant », tel qu’il est nommé dans les écritures bouddhiques. Ce sont les paroles mêmes du Bouddha. Si vous embrassez la pratique de la pleine conscience, vous entrez dans la Sangha et méritez le qualificatif « d’entré dans le courant ». Ceci est le premier fruit que vous obtenez en tant que pratiquant. Ce n’est pas difficile. Si vous voulez pratiquer joyeusement, construisez une Sangha là où vous vivez. La Sangha sera votre protection. C’est le radeau qui vous conduira sur l’autre rive, la libération. Sans Sangha, votre pratique échouera, même si vous êtes animé des meilleures intentions. « Je prends refuge dans la Sangha » n’est pas une profession de foi, c’est une pratique quotidienne.
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