lundi 15 juillet 2013

Dix méthodes pour transformer notre colère

La colère est notre pire ennemie. Elle nous fait souffrir, elle fait souffrir les autres et tout l'univers. En l'espace d'un instant elle peut tout détruire. 
C'est une des émotions qui consomme le plus d'énergie vitale.
La colère est un poison intérieur (voir le témoignage d'Eric Delafontaine)  plus puissant que du venin puisqu'elle peut contaminer les vies futures.


Comment la colère se manifeste-t-elle ?
  • La colère naît à partir d'une sensation désagréable, 
  • qui génère une perception de frustration, déception par rapport à nos désir, basée sur la croyance erronée en un soi à protéger coûte que coûte. 
  • Cela arrose la graine de colère déjà présente dans notre esprit et la fait pousser à une vitesse parfois vertigineuse. Une des six formations mentales non bénéfiques : "haine / colère / aversion" surgit alors.
  • Enfin, elle finit généralement par se manifester extérieurement par une action physique et/ou verbale et/ou mentale ou elle est refoulée et nous empoisonne et emprisonne intérieurement.


Comment transformer cette énergie de colère ? 

Voici quatre méthodes bouddhistes efficaces pour s'en libérer :

1- Reconnaître notre colère et l'accepter sans la laisser éclater et sans la refouler.

2- Respirer en pleine conscience en observant notre colère.

3- Embrasser, câliner notre colère avec toute notre bienveillance sans la  juger ni l'analyser.

4- Faire le vœu de remplacer la colère par la compassion pour couper la racine de la colère (nous pouvons en profiter pour invoquer dans notre coeur la présence d'Avalokiteshvara -Bodhisattva de la Compassion).



Pour que ces méthodes fonctionnent, il faut s’entraîner être en Pleine Conscience dans la vie quotidienne. Ainsi, l'énergie s’accroît et la concentration aussi. Plus nous nous sommes entraînés dans des circonstances positives ou sur des petites colères (comme se cogner le pied dans un objet, ce qui déclenche généralement la haine et la colère pour cet objet qui n'y est pour rien) et plus on pourra transformer rapidement des colères plus importantes.


Autres méthodes :
5- Développer l'acceptation - patience :
   - accepter de tout son coeur, abandonner le ressentiment, le jugement, le désir de changer l'autre, ...
  - voir que l'autre souffre aussi
  - réfléchir en profondeur au Dharma
  - ne pas contre-attaquer
6- Voir la souffrance comme un moyen d'épuiser le karma négatif et comme étant inhérente au samsara; voir que l'autre ou la situation n'est que l'instrument de notre karma.
7- Diminuer la saisie du soi : au lieu de se dire "Je suis blessé", dire "des sensations désagréables se manifestent dans mon esprit".

8- Voir l'inter-être dans la manifestation des causes et des conditions qui ont produit la réaction "colère" : qui est la victime, qui est l'agresseur. Par l'analyse, on comprendra que "victime", "agresseur", "agression" sont des désignations conventionnelles qui n'ont pas d'existence propre.
9- Se rappeler que la colère un ennemi pour soi et les autres : faire le vœu de ne pas se mettre en colère pour 1,2,3 .... x jours.
10- Etre conscient que notre colère est la conséquence d'une focalisation inappropriée, qui a fait naître des perturbations mentales, en exagérant les qualités ou défauts de l'objet / personne / situation observé(e). Ainsi notre esprit devient agité et incontrôlable. C'est pourquoi il ne faut pas agir sous l'emprise de la colère et attendre d'avoir repris le contrôle de notre esprit pour décider dans le calme et avec sagesse. C'est dans le calme que nous pouvons voir les choses clairement en prenant en considération tous les points de vue possibles et pas seulement le notre. 

Voie Éveillée du Cœur souhaite que nous réussissions tous dans cette pratique difficile et essentielle.


Sources : Enseignements de Thich Nguyen Hung - Pagode Van Hanh, Thich Nhat Hanh (La colère), Guéshé Kelsang Gyatso (Comment résoudre nos problèmes humains)?  La Voie Zen - de la vie au monastère à la "vie quotidienne", Myokyo Ni



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