lundi 10 juin 2013

Science & Bouddhisme / La Conscience par Matthieu Ricard

Donc, premièrement, je voudrais rappeler ce que Sa Sainteté a mentionné en de nombreuses occasions : le contexte de la position bouddhiste. Le Bouddha, par investigation, et par de nombreuses vies, vint à affiner sa compréhension. Il essaya d'investiguer la nature de la réalité, la nature de l'esprit, la nature de l'expérience. Donc à un certain point, il est dit que le Bouddha Shakyamuni trouva tous les aspects de la confusion mentale, de la nature de la réalité, il combla complètement le fossé entre la façon dont les choses apparaissent et la façon dont les choses sont. Donc une cognition valide de la réalité, de la conscience. C'est ce que nous appelons 'éveil'. Et à ce moment, bien sûr le Bouddha commença par dire que la vision, ou la vérité, qu'il avait trouvée était si profonde, qu'il était presque impossible de l'exprimer par des mots. Donc, il pensa : « Comment cela pourrait-il être communiqué ? » Et finalement, par circonstances, le Bouddha parla. Et maintenant, ses enseignements ne sont pas : « Voici la vérité : c'est à prendre ou à laisser. » Ils sont plutôt comme une carte routière : « Voici ce que j'ai trouvé. Je vous montre le chemin, libre à vous de voyager, et ceci est la carte routière. Si vous suivez ces pas, alors vous pouvez vérifier, pas après pas, la sorte de compréhension que j'ai atteinte. » Ainsi, ce n'est pas une sorte de vérité que nous devons croire aveuglément, que nous ne pouvons jamais atteindre mais que nous devons croire. Et non seulement ça, mais au cours du voyage avec cette carte, il répéta souvent : « Vous devez vérifier par vous-même », et il donna un exemple : en examinant un morceau d'or, vous ne prenez pas pour acquis que c'est de l'or, vous le frottez, le faites fondre, le coupez, et si cela a toutes les caractéristiques de l'or, alors oui, on convient que c'est de l'or. Donc ceci est le processus de l'investigation bouddhiste. Mais bien sûr, maintenant, nous n'avons pas la pleine capacité directe de voir les choses dont la façon le Bouddha les voit par sa sagesse. C'est possible, nous avons tendance à avoir confiance que son expérience est valide, nous avons un chemin pour y parvenir, mais nous ne pouvons pas exactement voir les choses de la même façon.


Aujourd'hui je voudrais essayer d'approcher la notion de la conscience par trois perspectives. La première partie concernera la vue bouddhiste de la conscience, d'une perspective logique ou philosophique, selon les enseignements du Bouddha. Et la deuxième partie sera plus expérimentale, elle consistera à apporter la première personne à son point ultime, l'expérience. Et la troisième partie examinera quels faits pourraient être ouverts à investigation

pour apporter des preuves que la conscience est cent pour cent liée au cerveau ou non. Autrement dit, examiner quelles sont les sortes de phénomènes qui, s'ils sont vrais, ne pourraient pas être expliqués par cette vue que la conscience n'est rien d'autre qu'un cerveau incarné dans un corps, et un corps incarné dans le monde. Donc, comme vous l'avez mentionné, Votre Sainteté, il y a trois méthodes différentes : une est la reconnaissance directe de la réalité, par nos sens ; la deuxième est l'inférence ; et la troisième, dans les enseignements bouddhistes, est de baser nos assomptions sur le témoignage valide de quelqu'un en qui nous avons confiance, quelqu'un de fiable, qui dit la vérité; à moins qu''il soit prouvé que ce qu'il dit est faux, alors nous devons, pour l'instant, baser nos assomptions sur cela.

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