mardi 4 juillet 2017

Retraites autour de la Contemplation et de l’Enseignement avec Frère FABKHI

Ces retraites se déroulent plus ou moins sur une semaine entière. Il est bien sûr demandé de s’engager à y participer sur toute leur durée. 

Retraite aux Cèdres Bleus
19 au 26 août 2017 à 
Seauve sur Semene (43)

Retraite Contemplation & Silence
28 octobre au 1 novembre 2017 à la Grigonnais (44)

lundi 3 juillet 2017

OUVREZ LES YEUX ET REGARDEZ AUTREMENT ! Histoires d’Anthony de Mello

Quand l’un des invités s’est proposé pour laver la vaisselle à la fin du repas, le maître lui a demandé : « Es-tu sûr de savoir le faire ? »
L’autre protesta avec emphase qu’il l’avait fait toute sa vie. Le maître répondit :
« Je ne doute pas que tu sois capable de laisser les assiettes propres. Ce dont je doute, c’est que tu sois capable de les laver. »
Voici l’explication qu’il donna plus tard à ses disciples :
« Il y a deux manières de laver les assiettes. L’une consiste à les laver pour les rendre propres. L’autre consiste à les laver pour les laver. »
Et comme ce n’était toujours pas très clair pour eux, il ajouta :
« La première action est une action morte parce que l’esprit est fixé sur l’idée de laisser les assiettes propres. La seconde est une action vivante parce que l’esprit est là où se trouve le corps. »


– Que faut-il faire pour atteindre l’Éveil ? demandèrent les disciples
– Il faut découvrir ce qui tombe dans l’eau sans produire d’ondes ; ce qui se déplace entre les arbres sans faire de bruit ; ce qui traverse un pré sans faire bouger le moindre brin d’herbe. 
Après avoir réfléchi pendant des semaines, les disciples se réunirent et demandèrent au maître :
– Mais quelle est cette chose ? 
– Ce n’est pas une chose. 
– Alors, ce n’est rien ? 
– On pourrait le décrire comme cela. 
– Et comment pouvons-nous le chercher ? 
– Je n’ai jamais dit qu’on pouvait le chercher. On peut le trouver mais on ne peut pas le chercher. Si on le cherche, on ne le trouve pas. 


Pour lire les autres histoires, cliquez ici.

lundi 19 juin 2017

"Quand on ne s’aime pas soi-même" par Ajahn Jayasaro

Il y a deux manières de considérer l’aversion envers soi. Vue sous un angle sévère, c’est une forme particulièrement toxique de complaisance, un autre aspect du narcissisme, le désir – constamment frustré – d’être parfait. Ce sentiment s’appuie sur cette idée de « moi », cette personne qui se comporte d’une certaine façon et qui a certains défauts ou qualités. 
 
Du point de vue bouddhiste, il s’agit là d’une fabrication mentale. Nous fabriquons l’idée d’un « moi » et nous nous disons : « Je suis ainsi ». Mais si, comme le conseille le Bouddha, nous parvenons à regarder de très près notre corps et notre esprit dans l’instant présent – qui est tout ce dont nous disposons vraiment – cette idée s’évapore. Où est ce « moi » ? Nous ne pouvons le trouver nulle part.

Quand nous fabriquons une idée, celle-ci devient le filtre au travers duquel nous faisons l’expérience du monde. C’est ce qui se produit dans toutes les formes de distorsion cognitive. Par exemple, quand nous aimons quelque chose ou quelqu’un, nous avons tendance à retenir tous les aspects agréables de cette chose ou de cette personne et à être aveugles au reste. De même, quand nous avons une image négative de nous-mêmes, nous nous emparons de nos actes, de nos pensées et de toutes les situations qui semblent confirmer cette image, et nous repoussons délibérément tout ce qui pourrait la contrecarrer.

Ce que propose le bouddhisme, c’est d’essayer d’élargir notre vision des choses pour accorder autant de poids à tout ce que nous faisons – les bonnes comme les moins bonnes choses – et de voir ensuite si l’image négative que nous avons de nous-mêmes est justifiée. Il ne s’agit pas de s’interdire de ressentir de l’aversion envers soi mais plutôt de se poser honnêtement la question : « Êtes-vous sûr que l’image que vous avez de vous-même ou de votre façon d’agir avec les autres soit correcte ? »

Le problème, quand on est éduqué en Occident, même dans une culture « post-chrétienne » comme on dit aujourd’hui, c’est l’influence de la notion de « péché originel » qui est encore très fortement ancrée, y compris chez les personnes qui ne pratiquent pas de religion. Fondamentalement, c’est l’idée que « tout au fond de moi, je suis mauvais ».

C’est terrible. On voit parfois des gens qui font de très belles choses, avec une intention vraiment pure et généreuse, accompagnée de pensées saines et pleines de gentillesse, et puis soudain une idée s’infiltre : « Tout le monde va me féliciter de ce geste » ou bien « Je vais certainement être récompensé pour cela » et aussitôt ils se jettent sur cette pensée en disant : « Ah, bien sûr. C’est pour cela que j’agis ainsi. Je suis vraiment affreux ! » Le problème des personnes autocritiques, c’est qu’un point de vue cynique leur semble plus réaliste : « Je suis honnête. Voilà ce que je suis vraiment. » Alors, plus elles se réprouvent, plus elles se croient honnêtes et réalistes. 
 
C’est une forme d’orgueil typique des Occidentaux – l’idée qu’une seule pensée un tant soit peu égoïste contienne plus de vérité que cent pensées gentilles et positives. En Thaïlande, au contraire, même les personnes qui n’ont pas de véritable compréhension intellectuelle des enseignements bouddhistes mais qui sont influencées par leur culture, sont naturellement généreuses et tolérantes, aussi bien envers les autres qu’envers elles-mêmes.

Essayons donc d’accorder autant de poids à toutes nos pensées et à tous nos gestes. Il ne s’agit pas de se dire : « Je devrais être positif et moins dur avec moi-même » mais simplement de regarder de plus près ce qui se passe dans notre esprit : est-il vraiment justifié d’avoir cette sorte de négativité ou est-ce un parti-pris que nous avons fabriqué et que nous alimentons depuis longtemps ?

mardi 23 mai 2017

Retraite Francophone au Village des Pruniers : « L’inter-être et les relations harmonieuses au quotidien »


Cet enseignement aborde en introduction le sujet de l’Inter-être, prenant comme point de départ la relation avec Thây (Thich Nhât Hanh) actuellement présent en Thaïlande, puis notre connexion avec nos ancêtres et nos descendants, incluant donc la dimension du temps passé, présent et futur. Ensuite, il aborde le sujet des relations harmonieuses au sein de sa sangha, du couple, de la famille, sur son lieu de travail, aussi bien que dans le monde. Sont exposés ici quelques points d’observation et de pratique contribuant à nourrir et bâtir la sangha, parmi lesquels les 6 principes de l’harmonie auxquels vient s’ajouter en suggestion un 7ème principe.

lundi 13 mars 2017

Week-end du 18 et 19 mars 2017 : Partique de purification à la Pagode Van Hanh (+ programme 2017)



Week-end du 18 – 19/03/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes sous le guide du Très Vénérable Thích Thiện Huệ

Week-end du 7 – 8 – 9/04/2017
Rencontre avec l’Amicale Bouddhiste du Sangha :
  • Cérémonie de Commémoration des Grands Patriarches, des Quatre Grands Moines en Chef et des Vénérables des Deux Chambres du Conseil de la Congrégation Bouddhique Vietnamienne Unifiée.
  • Enseignements Bouddhistes donnés par les Très Vénérables Thích Thái Siê, Thích Nguyên Siêu, le Vénérable Thích Tâm Hòa, ainsi que par d’autres Vénérables de l’Amicale Bouddhiste du Sangha.

Dimanche 28/05/2017
  • Fête de Vesak à la Pagode Vạn Hạnh avec le Très Vénérable Thích Tánh Thiêt et le Vénérable Thích Hoằng Khai.

Week-end du 8-9/07/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes avec le Très Vénérable Thích Thiện Huệ

Du 24/07 au 3/08/2017
  • 29e Séminaire Bouddhiste en Europe à la Pagode Khánh Anh

Week-end du 25-26-27/08/2017

  • Cérémonie de parachèvement de la Construction de la Pagode Vạn Hạnh – Anniversaire des 30 ans de création de l’Association - Pagode
  • Grande Cérémonie d’Offrande aux Esprits errants
  • Spectacle Musical en célébration des 30 ans de « Vạn Hạnh, un parcours ».
  • Fête d’Ullambana – l’An 2561 Calendrier Bouddhique.

Week-end du 22-23-24/09/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes avec le Vénérable Thích Hoằng Khai 

Week-end du 27-28-29/10/2017
  • Pratique de la Terre Pure, récitation du nom du Bouddha – Offrande de fleurs et de lumières avec le Vénérable Thích Hạnh Giới

Week-end du 24-25-26/11/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes avec le Très Vénérable Thích Như Điển

Week-end du 15-16-17/12/2017
  • Pratique de Purification selon les 8 Préceptes avec les Vénérables Thích Quảng Hiền et Thích Thông Trí.

"Retrouver le Respect de soi dans sa vie quotidienne" - partie 1- par Frère Fabkhi


lundi 6 mars 2017

L'expérience de non-dualité qui a changé la vie et la pensée du philosophe André Comte-Sponville

Description de cette image, également commentée ci-après« Je ne suis pas du tout un mystique. Je suis plus doué pour la pensée que pour la vie, et plus doué pour la pensée conceptuelle que pour l'expérience spirituelle. Mais j'ai eu au moins quelques moments de simplicité ; en vérité, extrêmement rares. Cependant, la première expérience était assez forte et assez nette pour qu'au fond toute ma vie en soit définitivement changée. Toute ma vie et toute ma pensée.

Je devais avoir vingt-cinq ans. Je me promenais avec des amis, la nuit, dans une forêt. Nous étions quatre ou cinq. Plus personne ne parlait. Tout à coup voilà une expérience que je n'avais jamais vécue.

C'était quoi cette expérience ? C'était un certain nombre de mise entre parenthèses.

Mise entre parenthèses du temps ; c'est ce que j'appelle l'éternité. Tout à coup il n'y avait plus le passé, le présent, l'avenir. Il n'y avait plus que le présent. Là où il n'y a plus que le présent ce n'est plus du temps, c'est l'éternité.

Mise entre parenthèses du manque. Tout d'un coup, et sans doute pour la première fois de ma vie, plus rien ne manquait. Mise entre parenthèses du manque ; c'est ce que j'appelle la plénitude.

Mise entre parenthèses du langage, de la raison, du logos ; c'est ce que j'ai appelé le silence. Pour la première fois peut-être de ma vie, je n'étais pas séparé du réel par des mots. J'étais de plein pied dans le réel.

Mise entre parenthèses de la dualité. A la fois de la dualité entre moi et tout le reste ; c'est ce que j'appelle l'unité. J'étais un avec , un avec tout.

Mise entre parenthèses aussi de la dualité entre moi et moi, entre la conscience et l'ego. Je n'étais qu'une pure conscience sans ego ; c'est ce que j'appelle la simplicité.

Mise entre parenthèses de l'espérance et de la peur. Bien sûr, puisque j'étais dans le pur présent. Pour la première fois de ma vie peut-être, et pour l'une des dernières, je n'avais peur de rien. Ca, c'est une expérience très étonnante. Tout à coup, vous n'avez peur de rien ! C'est ce que j'appelle, c'est ce qu'on appelle la sérénité.

Une mise entre parenthèses du combat. Tout à coup je n'avais pas à me battre. C'est ce que j'appelle la paix.

Enfin, mise entre parenthèses, et c'était le plus étonnant, de tout jugement de valeur ; et c'est ce que j'ai mis plusieurs années à appeler l'absolu.

Naturellement, tous ces mots trahissent l'expérience, parce qu'elle était par définition, intégralement silencieuse. »

Extrait du livre de Jacques Casterman : "Comment peut-on être zen ?"

lundi 20 février 2017

"Le bouddhisme et l’expérience mystique" par Paul Magnin


Un précédent écrit invitait à découvrir les fondements du bouddhisme originel et ancien. Il s’agissait de mieux comprendre comment l’expérience initiale du Bouddha, soumise au processus d’acculturation et d’inculturation, put être vécue dans des cultures et des traditions différentes, puisqu’elle s’inscrit dans le champ de l’expérience humaine. Ce retour aux sources s’avère nécessaire si l’on veut éviter les spéculations intellectuelles et abstraites sur la primauté de tel ou tel bouddhisme. Au cours de l’histoire, ces considérations furent l’objet de débats animés, voire envenimés, pour fixer la vraie hiérarchie des trois grands « véhicules bouddhiques », classés par exemple dans le bouddhisme tibétain suivant cet ordre croissant : bouddhisme du Petit Véhicule (Hinayana), bouddhisme du Grand Véhicule (Mahayana) et bouddhisme adamantin (Vajrayana) développé sous plusieurs formes de tantrisme.
Les discussions furent d’autant plus difficiles qu’elles trouvaient une justification pédagogique et religieuse à l’élaboration d’une telle classification : le Bouddha aurait livré son enseignement en fonction du degré d’intelligence et de maturité spirituelles de ses auditeurs. Ainsi les disciples du Petit Véhicule n’auraient été instruits que des rudiments essentiels de la doctrine, parce qu’ils n’étaient pas prêts à s’ouvrir à une connaissance plus subtile et plus élevée. Ayons la modestie de nous ranger parmi ces hommes et ces femmes qui ont encore tout à expérimenter de la Voie bouddhique ! C’est cette expérience, avec sa dynamique, que décrivent les trois vérités non développées dans notre précédent article. Le Bouddha nous donne en effet l’assurance que l’octuple chemin conduit inéluctablement à l’extinction des passions et au nirvana, après un cycle de renaissances variable selon les individus. Nous verrons comment cette libération spirituelle implique une expérience mystique au terme de son accomplissement.
En affirmant le caractère transitoire et impermanent des êtres vivants, le bouddhisme évite tout dualisme entre le corps et ce que nous nommons « âme ». Le corps ne peut être regardé comme une masse inerte à laquelle la vie serait insufflée de l’extérieur. Il est vivant par lui-même et actif, en raison de l’interaction des cinq éléments psycho-physiques qui le composent : matière et forme, sensation, perception, volition (cetana associée à samskara, actes et fonctions psychiques), connaissance (vijnana). La matière brute est indissociable de l’esprit pur. L’individu se construit à travers un comportement de plus en plus intégré, par l’adjonction successive de la sensation, des perceptions qui servent à l’identification des formes, puis des comportements aux modèles d’une complexité croissante en fonction des habitudes et de la volition, enfin de l’idéation. L’individu ainsi constitué a donc une activité tournée vers l’extérieur. Tout son être est engagé dans une relation dialectique avec le monde extérieur. Cette relation au monde s’effectue à travers le corps, la parole et l’esprit. Toutefois, l’homme modifie le sens de ce rapport : à l’impermanence et à la non-substantialité des éléments, il oppose la prétendue permanence et substantialité du Soi. Or, nous l’avons compris, l’individu n’échappe pas au discontinu, à l’impermanence. Bien qu’étant les plus raffinés de ses constituants, la volition et la connaissance sont elles-mêmes empreintes du caractère transitoire et changeant de toutes choses.

La volition
La loi de production conditionnée
Le passage de la renaissance
Le nirvana
Une expérience mystique
L’octuple chemin
La discipline mentale
La plus grande sagesse
Une voie exigeante

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